jeudi 4 mai 2017

Mirage : Mon coup de foudre musical !

1980 – un véritable coup de cœur



C'est en 1980 à l’âge de 15 ans que j'ai découvert une musique venue d'ailleurs, une sonorité nouvelle, un monde musical inconnu allait s'ouvrir à moi un peu par hasard.

Parmi toute la collection de vinyles de mes parents, un album en particulier venait d'attirer mon attention. Le look particulier de la pochette m'intriguait. Un style à part, une couverture épurée, un visage, un nom Klaus Schulze, un titre Mirage !


À cet instant, j'ignorais encore qu'en sortant le microsillon de sa pochette
et qu'en le posant délicatement sur le tourne-disque que l'écoute de celui-ci allait changer à jamais ma vision musicale.


Ce fut pour moi en effet dès les premières minutes d'écoute un véritable coup de cœur !

Des sons inconnus, une atmosphère envoutante, un voyage, une révélation.
Oui, ce disque fut pour moi une révélation.


Ce jour-là, je me mis à écouter la face A puis la face B en boucle. J'analysais la structure musicale, la longueur des plages, les sonorités, la pochette, le contenu rédactionnel.
Tout y passait.



Je me rendais quelques jours plus tard chez les disquaires du coin pour trouver d’autres albums de Klaus Schulze.

Autour de moi, je ne parlais plus que de ma découverte musicale.

Ma vision de Mirage.

« Les mirages sont des phénomènes optiques bien réels qui ont lieu dans des circonstances particulières. »

Le sous-titre « eine elektronische winterlandschaft », un détail de la pochette que je n’avais par perçu à l’époque, et que l’on peut traduire par « un paysage d'hiver électronique », reste pour moi énigmatique.

Voici mes explications et mon ressenti.


Face A. Velvet Voyage

Dès la toute première écoute, et malgré ce sous-titre, j’ai au contraire, imaginé des paysages désertiques. Je visualisais des dunes de sable, de la chaleur, le soleil, avec au lointain des réverbérations lumineuses, des mirages. 

Je pensais justement que le titre de cet album était en relations avec les mirages qui sont visibles dans le désert. C’est le Sahara qui à mes yeux pouvait le mieux coller à l’espace sonore de cet album.





Pour moi, dans Velvet Voyage, on entend des échos de voix (celle de Klaus Schulze, je crois bien) qui me font penser à une grande étendue, à l’espace, et, peu à peu (6:20) le titre va se mouvoir vers une ambiance orientale, où je perçois au loin la silhouette d’une caravane se découpant dans l’oranger d’un coucher de soleil. Je sens une chaleur sèche
et envahissante. 

Je tiens à dire que pour ce titre, qui est le plus atmosphérique de cette œuvre, se dégage une des séquences les plus subtiles de Klaus, ça reste juste mon avis personnel bien évidemment. Cette séquence est dans sa phase embryonnaire à 11:00 pour devenir plus amples et plus présente à partir de 13:00. Je trouve que cette séquence sonne « orientale » et qu’elle est le signe annonciateur de ce que va être la face B. Même les premières notes des solos (dès 15:55) sonnant pour moi de façon orientale. Les phénomènes optiques se multiplient dans cette chaleur torride. Je suis englobé par cette chaude sensation et enivré l’odeur du sable. Curieux.

« ... la musique ottomane, la musique arabe ont développé leurs propres systèmes modaux avec des caractéristiques et des règles bien différentes, intégrant des éléments cosmologiques (heure, saison ou lieu pour jouer), moraux (sévère, triste, joyeux, etc.) et esthétiques (gamme ascendante pentatonique et descendante heptatonique... » (Source : wikipedia)

« La forme la plus courante est le mirage chaud, ou mirage inférieur2, qui se produit lorsque la température du sol est très élevée (désert, route goudronnée,…) et donne l’impression d’une flaque d’eau. »
(Source : intra-science.com)

La face B. Crystal Lake

Rien que le titre me confortait dans mes idées qu’il s’agissait bien de mirages que l’on perçoit par forte chaleur. Je pouvais aisément m’imaginait au travers de cette fabuleuse séquence les réfractions de lumière se multipliant au fur et à mesure que les lignes séquentielles grandissent.

La chaleur elle aussi s’amplifie, pour arriver à son apogée lorsque les premières notes graves font leurs apparitions. Je perçois à nouveau les silhouettes dans ce contre-jour Saharien et  à nouveau j’entends des sons orientaux avec le début du solo (8:00) me transportant au-dessus du désert. C’est une véritable danse orientale qui s’engage. C’est bon, c’est beau et c'est presque « érotique »… Je dis cela parce que j’aime véritablement ce moment (12:00) c’est précisément ici que je suis littéralement tombé en amour pour cette musique que l’on nomme la Berlin School !



La chaleur retombe peu à peu (14:00), c’est encore plus langoureux, les mirages s’estompent, le soleil baigne de ses derniers rayons les dunes. Les caravanes avancent doucement vers les oasis. Un petit vent soulève (16:00) une douce et fine poussière rougeâtre. La nuit tombe doucement et les étoiles brillent. La couleur pourpre fait son apparition. Les notes (19:00) me font penser à des instruments arabes. Vers (23:00) le lever de soleil annonce une nouvelle journée dans ce désert. À (25:00)
c’est l’orient dans toute sa splendeur ! 

C’est tout simplement BEAU. Je pense à ma femme.


Voici donc ma vision de Mirage, elle est loin des paysages d'hiver, mais proche des dunes du désert, un album de Klaus Schulze que j'aime avec passion.

Musicalement, Laurent Schieber (Sequentia Legenda)


L'album Mirage de Klaus Schulze fête ses 40 ans








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